Jeudi 30 novembre 2017 à 20:00

 Pourquoi écrire à nouveau ici?

Nécessité du vide, de l'espace d'un instant le cerveau se libère de la douleur du temps.

Une histoire qui s'arrête, c'est banal, c'est une situation sans tête, sans vie. La fin comme la source se tarit.

Une fin plus que nécessaire pour un autre début, une autre histoire qui subira le même sort peu rare.

Je n'y crois plus mais j'essaye encore parce que c'est lui, parce que ses mains me dorent.

Alors, poursuivre la vie sans en être vraiment, sans avoir complètement fini cette vie d'avant.


Dimanche 22 octobre 2017 à 22:05

 Je n'ai pas écrit ici depuis plus d'un an.
Ce blog aura surtout témoigné de mes maux, de cette difficulté d'exister avec cet homme passionnément aimé. Il est en effet des amours incommensurables qui ne parviennent à s'épanouir. Les mois ont passé, il y eut des instants de joie mais surtout beaucoup de doutes et la certitude que notre histoire n'aurait jamais de nous.
Alors, peu à peu, je me suis libérée de cette emprise et j'ai tourné mon cœur vers une vie plus calme. 
Je l'ai rencontré, lui, cet autre si tendre, si aimant. Il aura fallu plusieurs semaines pour qu'il se passe quelque chose mais peu à peu nos vies se conjuguent dans le même présent.

Vendredi 22 avril 2016 à 22:05

Les heures, les jours, les mois passent et le temps s'effile sans qu'on le voie tout à fait passer. Les semaines se succèdent avec leurs lots de petits plaisirs, leurs moments de désillusion, de doutes et d'espoir.
Bientôt 9 ans que ce blog existe et tout semble si lointain.
G. a à jamais ces quelques mois, la douleur s'est pourtant estompée, l'oubli n'aura jamais lieu, on a appris à vivre sans mais on aurait tellement préféré faire avec.
Les kilos se sont accumulés. Longtemps stables, ils ont finis par s'emballer et j'affiche aujourd'hui 50% de plus qu'il y a 9 ans. 50% c'est 25% de trop et je souffre de ce poids exubérant. Je souffre de ces mouvements devenus trop lourds, ces pas trop lents.
J'ai à mi-temps changé de maison, résidence alternée, comme pour la majorité des enfants. Même ce n'est plus moi l'enfant.
Ils sont toujours mon quotidien, même si souvent je doute. Je les écoute, les regarde mais les écarts se creusent même si leurs sourires très souvent demeurent. J'aime encore ce métier, il y a toujours de jolis éclats.
Et, il est toujours là, de plus en plus dans ma vie, de plus en plus dans mon avenir. Les crises se sont peu à peu espacées, les projets quelque peu développés et pourtant, les mots semblent toujours impossibles, la simplicité interdite. Une vie à mi-temps, une existence niée à moitié.
Et elles sont toujours aussi belles, aussi resplendissantes, aussi merveilleuses. Les crises adolescentes n'ont pas trouvé racines en elles. Elles semblent tellement sereines.

Les années passent, j'ai cessé d'écrire lorsque les cris peu à peu se sont tus. Je lis encore ses mots et ces bonheurs me touchent. Ce sont ceux que je rêve parce que je sublime ma vie.



Samedi 16 avril 2016 à 4:49

 Voici le temps qui nous sépare, les ans qui nous déclarent comme d'une génération différente.
On n'en a eu cure. On se croyait plus fort, trop amoureux.
Et pourtant nos presque 107 ans sont parfois douloureux.

Vendredi 4 mars 2016 à 19:37

 Je n'écris plus parce qu'il n'y a plus guere à écrire maintenant que j'ai appris à parler, à lui parler.
Je l'ai jeté, j'ai pleuré, crier et hurler.
Puis on a parlé, on a disserté et il est rentré.
Notre histoire existe et je me dissipe. Je ne suis pas une littéraire et je vais donc me taire

Mercredi 13 janvier 2016 à 17:55

 Tout est mensonge, tout est leurre. Il n'y a plus d'espoir, plus d'envie. Mes jours sont des nuits sans étoile dans lesquelles j'avance épuisée. Mes nuits sont blanches comme l'effroi, interminable, inoccupée, j'attends.
Elles m'obligent à rester, m'obligent à lutter mais chaque heure est une montagne infranchissable. Je suis mauvaise et me debecte de cette médiocrité.
Seule, le ventre vide et la bière à la main, j'attends en vain

Mercredi 16 décembre 2015 à 21:45

 Ce soir-là il y avait eu des étincelles et du soleil, puis la peur, l'effroi. On attendait de ses nouvelles et elles ne viendraient pas. Un point au milieu d'un phrase, dans un éclat de fer.
Et aujourd'hui, je n'ai plus le droit de manquer chaque seconde. Je n'ai plus le droit à la médiocrité.

Jeudi 10 septembre 2015 à 14:04

Serein, posé, calme, le temps s'évade sans vague, sans accroche, sans tristesse.
Et pourtant, cette main qui n'effleure plus, ce douceur qui ne m'envahit plus.
C'est finalement dans ce calme que je ressens cet amour mort et... que je m'évade en quittant cette mort

Samedi 11 juillet 2015 à 22:46

Il aura donc fallu accepter l'inacceptable, accomplir l'insupportable, admettre l'intolérable. Il aura donc fallu absorber ce comprimé, seule, et surtout ne pas le recracher alors que le coeur ne semble vouloir l'accepter, alors que le corps ne veut l'accepter. Et puis il aura fallu endosser cette blouse bleue, respirer cet air vicié et ... se laisser aller.
Comment allez-vous n'ont-ils cessé de demander lorsqu'à nouveau mes yeux se sont relevés. Physiquement, ça va. Que pouvais-je répondre d'autre? Que je les haïssais eux qui m'avaient affirmé ma stérilité, que je me haïssais moi qui n'avais pas la force d'assumer toutes les éventualités. Je me suis tue et j'ai attendu, et j'attends encore que ce corps qui avait tout préparé pour lui ne me rappelle pas en permanence qu'il a été là. J'attends encore de ne pas pleurer dès que ces mots sont prononcés, bébé, grossesse, maternité. J'attends encore de trouver la raison qui me fera réellement accepter ce que j'ai demandé. J'attends encore mais toujours j'attendrai car jamais on ne peut surmonter une mort qu'on a provoquée.
Il est des gens pour qui c'est une évidence et il y en a, encore plus nombreux, pour qui c'est une atroce souffrance, les deux n'étant pas incompatible.

Aujourd'hui, je sais qu'ils se sont trompés alors le traumatisme est inévitable, s'aimer n'est pas un jeu, s'aimer c'est prendre un risque, s'aimer c'est aller vers la mort


J'aurais peut-être pu t'aimer mais on ne peut offrir un grand-père en guise de père, des parents en guise de frères, et surtout, on ne peut offrir la maladie comme destin, l'atrophie cérébrale comme quotidien! Et pourtant, ils sont si nombreux à rêver chaque jour de pouvoir vivre ce droit à avoir un être en soi, moi, avais-je le droit de penser que c'était mieux de ne pas te permettre de poursuivre? J'ai toujours été et je suis toujours pour le droit à disposer de son corps mais depuis ce jour qui fut le dernier, j'ai mal d'avoir eu le droit d'en disposer.

Lundi 1er juin 2015 à 16:59

Ils m'avaient dit que je ne pouvais plus, naïvement, douloureusement, je les avais crus. Ils m'avaient dit que tout était bouché, que ma salpingite avait tout endommagé. Alors, nous avons continué à nous aimer sans nous "protéger". Nous protéger de quoi? De l'amour, du plaisir, de ce don réciproque lors de nos étreintes amoureuses?
Pourtant, depuis quelques jours mon corps s'est transformé. Je n'ai pas compris tout de suite cette fatigue insoutenable, je n'ai pas saisi les raisons de cette respiration haletante, de ces picotements, de ces palpitations. A vrai dire, les jours passent, les mois défilent et je ne sais jamais vraiment quel jour doit arriver ces pertes féminines que j'abhorre tant.
Alors, je ne me suis pas inquiétée, je n'ai même pas remarqué que ces menstruations se faisaient attendre. L'époque était troublée, notre entente dégradée, les mots nous dépassaient, les maux nous enrobaient.
Aujourd'hui, je n'ai aucune certitude, je doute, je me doute mais n'ose pas croire que l'impossible est né, ici, dans mon, corps, qu'une nouvelle fois, je pourrais donner la vie. Je n'ose y croire, je n'ose réaliser le test qui clarifierait la situation, je n'ose, tant qu'il est absent, tant que je suis seule être mise face à cette réalité trop troublante.
Et pourtant, au fond de moi je sais, au fond de moi je sens qu'un petit être, né de lui et de moi, peu à peu se développe. Je le ressens, je le conçois et je le pleure déjà. Il est des réalités qui vous anéantissent, celle-là ne me permettra plus jamais de me regarder en face, ne me permettra plus jamais de retrouver le sourire. Cette réalité qui, si elle se confirme, fera de moi un assassin, m'obligera à commettre un crime.
Je ne pourrai permettre à ce petit être de poursuivre sa route, de trouver son chemin. Je n'aurai pas la force de le mener à la vie. Mon corps endolori, épuisé par le traitement médicamenteux qui est le mien, déjà, ne pourra lui garantir un environnement sain. Mon âge, celui de son père entravent déjà un nid possible. Je n'ai plus déjà vraiment l'âge, lui est déjà grand-père. Ma force psychologique ne me permettra pas non plus de lui donner tout l'amour dont il aurait besoin. Je peine à assumer les trois magnifiques enfants qui m'accompagnent alors qu'elles ne sont que facilité. Notre histoire, couple illégitime toujours pas divorcé ne permettrait pas à cet être d'avoir un nom, une identité.
ALors, toi qui as bravé l'impossible, toi qui as pris place dans ce nid instable, dans ce corps que je méprise, il te faudra le quitter avant que tu ne sois assez fort pour y résister. J'aurais aimé te choyer, t'aimer, te voir grandir, j'aurais aimé que tu sois la conséquence de cet amour merveilleux qui nous unit mais de même que notre histoire doit rester cachée, tu n'auras pas le droit d'exister.

Je t'aime pourtant déjà, je te ressens pourtant déjà. Je crois même que je sais exactement quand tu as été conçu. Tu aurais été forcément un être exceptionnel et pourtant, tu ne seras rien. Tu ne feras que de moi une criminelle, tu feras de notre histoire un amour sans lendemain. Comment pourrais-je encore accepter de l'étreindre alors que j'aurai tué notre amour dans son oeuf? comment pourrai-je encore accepter de nous joindre alors que nous avons mis un terme à ta volonté farouche?

Et pourtant, pour le bien être de ce qui sont déjà là, pour ton bien être aussi à toi, je dois te dire adieu avant même que je ne puisse te dire bonjour. C'est mon choix, je ne demande à personne ni de l'accepter, ni de le comprendre, ni de le réfuter. C'est notre décision aussi cruelle, terrible inhumaine soit elle. C'est mon chemin de croix, ma désillusion.

A toi qui ne connaîtra jamais le bonheur de vivre, je demande pardon mais je ne peux t'offrir que la mort  comme seule espérance. C'est en acceptant de ne pas poursuivre que j'offre une chance à la vie. Non pas la mienne qui avec la tienne forcément s'éteint mais à celle de mes enfants, de ses enfants.

J'ai mal alors même que je ne suis pas encore sûre de ta présence. J'ai mal alors que j'aurais tellement aimé savourer ta présence.

Ils m'avaient dit que je ne pouvais plus, je les ai crus, je n'aurais pas dû.
Ils m'avaient dit que je ne pouvais plus, et tu as là, tu n'aurais pas dû.

Toi seul peux comprendre ma douleur, toi seul sais ce qui me meut. Le droit me permet sans me juger de mettre un terme à cette vie. Le droit est de mon côté et il permet sans doute un meilleur avenir mais le droit ne me permet pas de rendre acceptable ce que je projette, le droit ne me garantit pas un esprit apaisé, le droit ne me permet pas de ne pas me sentir coupable. Le droit assure ma sécurité physique, assure mon intégrité sociale mais ne me permettra pas d'oublier.

Dimanche 12 avril 2015 à 21:17

Ici, ça fonctionne de moins en moins, je n'y vais plus guère et pourtant, une inquiétude s'incruste, et si je perdais tout? Et si chacun de ces mots, certes sans intérêt, étaient tout simplement effacés, jetés au rebut?
Bien sûr, la majorité de ces articles sont larmoyants, dégoulinants de tristesse et d'incompréhension mais ils sont aussi une partie de ma vie et si, aujourd'hui, je souris davantage, si aujourd'hui je retrouve mes forces d'antan, c'est aussi parce que j'ai pu coucher là mes soupirs, mes poids trop lourds.
Alors, j'aimerais ne pas voir s'effacer ces nuages, rien que pour mieux savourer les éclaircies.

La peur est souvent toute proche, les problèmes au pas de ma porte et j'aimerais pouvoir encore m'épancher ici.

Samedi 28 février 2015 à 14:42

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Mercredi 21 janvier 2015 à 15:12

Se taire parce que je ne sais quoi dire. Happée par les événements, happée par la vie. Marcher ou non? Etre ulcérée mais ne pas savoir quelle attitude adopter. Rester abasourdie devant ceux qui savent, ceux qui semblent tellement sûrs d'eux, ceux qui n'ont aucun doute.
Y aller. Parce que rester était pire. Mais s'interroger devant ces salves d'applaudissements qui se propagent sans maîtriser leur source. Se sentir mal à l'aise devant cette foule ahurie, tous ce gens qui avancent d'un même pas, sous un même mot, sans une once d'hésitation. Ne rien condamner mais s'interroger, interroger le sens, interroger cette peur d'une massification, d'un embrigadement. Certes la cause est belle mais de l'utopie à la contre-utopie les procédés ne diffèrent guère.

Se taire. Proposer le doute, ce doute si dérisoire, ce doute si utile à la constitution de la connaissance. Les débats s'installent et sont nécessaires. Le débat, source de toute démocratie, source de liberté. Mais comment prendre part au débat quand on n'a pas les mots, quand on n'a pas ce minimum de connaissances qui permet de trier, de comprendre, de jauger, non pas juger mais prendre partie, peser, mesurer, débattre à son tour.

Se taire et rechercher frénétiquement les sources, les textes. Formidable accès aux textes, ces mots souvent colportés, déformés, détournés. Que disent-ils? Les connaissances sont minces. Notre culture n'est pas la culture des religions. Pays laïque où encore quelque territoire n'a pas séparé l'Eglise et l'Etat, comment connaître ce que l'on ne côtoie pas. Enseigner est-ce maîtriser. Est-ce parce que j'ai lu quelques extraits du Coran, de la Torah, de la bible que je connais ce dont on parle? Athée, peut-on comprendre cette nécessité du dogme? Quelle part de violence, de haine, de tolérance? On pourrait caricaturer les hommes, les pays, les régions mais pas les prophètes?

On lapide, on tue, on massacre. Qui gagne? Un dessin, c'est banal. Mais l'image, c'est plus compliqué que les mots. L'image nécessite une proxémie plus importance, une connivence fondée sur une culture commune. Le dessin suppose deux intelligences qui se rencontrent. On n'apprend guère à dire avec des mots, on ne sait encore moins enseigner le dire autrement.

Dire, l'amour du dire, des mots, du discours. Du verbe naît la connaissance, l'existence. De cette genèse tant lue et relue, ne me restent guère que ces mots: il dit et cela est. Dire pour exister, dire pour confirmer, infirmer, contredire, acquiescer, dire pour aimer, haïr, dire et seulement dire. LEs jeunes enfants souvent frappent quand ils ne maîtrisent pas le verbe mais peu à peu apprennent à différer, à réflêchir. Mais comment réfléchir quand on ne peut pas théoriser, verbaliser. Qui sont les victimes. Elles, bien sûr, tombées sous des balles ineffables mais qui encore? Nous, parce qu'on attaque notre liberté? Eux qui ont tiré parce qu'ils n'ont pas su voir qu'ils n'étaient que le jouet de fanatisme décérébrés?

Dire, se taire. Et ailleurs, combien de morts, combien de massacres sous nos mots silencieux? Combien faudra-t-il de morts pour qu'enfin nous réagissions?

Je me tais parce que je ne sais pas. Je ne peux dire à mes enfants clairement les raisons du mal. Je ne peux que les inviter à la clairvoyance, au doute, au respect, à la tolérance. Est-ce pour cela qu'ils devront se taire? Qu'ils n'auront pas le droit de rire d'un dogme qu'ils ne comprennent, n'acceptent, ne souhaitent pas? Dois-je tout accepter sans mesure?

La foi appartient à l'intime mais la religion n'est pas de cet intime. LA religion relève de la publicité, à savoir de ce qui est public, la religion est une succession de dogmes qui "règle" ce qui n'appartient qu'à soi, la foi.

Alors, oui, je hurle face à cette violence mais j'interroge, j'interroge le rôle de l'éducation qui a permis de telles personnalités, j'interroge le rôle de ces marches qui nous obligent à faire ce contre quoi nous luttons, j'interroge l'avenir de ces êtres que l'on refuse de contraindre, à qui on refuse l'accès à la culture, à la connaissance, j'interroge ces quartiers, je m'interroge moi, capable aujourd'hui de sourire, rire, oublier...

C'est quoi l'histoire? C'est quoi ces règles qui voudraient qu'on ne puisse dire ce que l'on pense d'un dogme, d'une loi, d'un choix.

Alors, je ne vois que le silence.

Je ne peux comprendre qu'un dessin puisse faire aussi mal même si je connais tellement bien l'art de ceux qui font semblant de ne pas comprendre, qui font semblant d'être offensés. Et puis, il y a les autres, réellement offensés, souvent parce qu'ils ne comprennent pas, parce qu'ils ne rient pas.

Lors de la cérémonie en mémoire d'Elsa Cayatte, des mots fort simples et pourtant fort justes ont été prononcés: laissons les hommes gérer leur vie. Mais gérer, c'est parler, instruire, écouter, répondre, utiliser les mots, ces liens tellement plus utiles que tous les autres. Mais, il est vrai que si tout le monde maîtrise les mots alors, il n'y a plus de pouvoir, il n'y a plus que la démocratie.

Mardi 20 janvier 2015 à 18:37


les emmerdes sont-elles moins pénibles au soleil?

Dimanche 28 décembre 2014 à 15:04

Boulinier, 20cts pour les plus beaux poèmes pour les adolescents. Parcourir, feuilleter, écorner, partir en arrière, lire et relire encore. Il y a dans ces mots le parfum de mon enfance, ces mots appris par coeur pour la récitation du matin, pour la bonne note, sans se rendre compte que le principal était ailleurs. Ces mots devenus familiers à force d'être répétés, entendus, ânonnés ou déclamés. La mémorisation aisée me permettait de les réciter sans les apprendre, parce que les copier m'avait suffit. Ces mots qui aujourd'hui résonnent et m'enveloppent de leur chaleur. Ce père Mathieu, ce grand-père prenant le frais ou ce tableau noir et son triangle m'accompagnent encore parfois.
20cts, c'est donné pour une telle madeleine, une madeleine qui en ce jour d'hiver ensoleillé irrigue mon esprit de mélancolie. La solitude, bien que partielle, puisque malgré tout il m'accompagne, ou plutôt me côtoie, distille sa mélodie de tristesse. Depuis hier, elles sont ailleurs, loin avec lui, celui qui est une partie d'elles aussi. Elles me manquent déjà.
20cts et des projets de séquences, de séances, des envies de leur donner à eux aussi ces obligations insupportables, ces mots à apprendre "pour la bonne note", avec l'espoir qu'eux aussi, dans quelques années, comprendront que "le principal est ailleurs".

Jeudi 4 décembre 2014 à 11:41

La nuit s'épaissit et mon âme s'obscurcit. Je cherche ma route dans cette déroute, emplie de doutes et de doléances. Où vais-je parmi ces êtres en construction à qui je ne donne guère cette année qu'illusion et ennui. Je ne parviens pas à trouver un sens, à trouver l'essence de mon énergie. Je me laisse guider, aveugler, emporter par la tristesse et la dépression.
Je lutte mais chaque victoire semble bien vaine, bien fragile. Je lutte pour lui mais chacun semble ne plus y croire, chacun semble s'assembler pour qu'il n'ait pas confiance en lui. Mes mots sont creux, et parfois je m'interroge sur leur fondement, sur leur part de démagogie. J'aimerais tellement, tellement qu'il aille bien. 
La fatigue s'est abattue sur moi et les forces se sont envoléeS.

La nuit s'obscurcit et au fur et à mesure qu'elle s'épaissit les priorités s'éclaircissent. La douleur, la colère étouffent chaque spore de ma lucidité. Je ne suis que terreur, qu'attente, qu'évanescence. Je n'existe plus à travers son regard et peine à trouver mon chemin dans ce nouveau sentier sans personne à mes côtéS. Les mots tuent, les mots arment les coups, réels ceux-là. Les mots qu'on ne dit pas, les mots que l'on dit mal, les mots qu'on regrette et ceux qu'on n'ose pas. Les mots tuent l'émotion dans cette déperdiition des âmes qui ont perdu la voie de la sagesse et de la sérénité.

L'épuisement s'est abattu sur ma vie et l'énergie est insuffisante pour nourrir 100 estomacs qui ne veulent guère digérer cette nourriture devenue indigeste faute d'une préparation minutieuse. La recette est pourtant connue mais le cuisinier ne trouve plus l'envie. Et pourtant, ils sourient, me font confiance mais, aujourd'hui, je ne songe qu'à cet arrêt que j'envisage comme la seule solution pour éviter le naufrage. Chaque jour je repousse l'inéluctable, toujours une excuse, toujours une obligation mais la fatigue gagne du terrain et la lassitude s'y ajoute pour la rendre encore plus forte.

Elles sont pour ces jours à venir à mes côtés et, honteusement, je puise en elles, quelques onces de vitalité. Puis, il faudra faire face, debout, seule, durant de trop nombreuses heures pour que la semaine se fasse sans heurts. Besoin de repos, besoin de ne plus être confrontée à ce quotidien chronophage, à ces heures à remplir sans cesse.



Samedi 22 novembre 2014 à 23:40

Sans doute y retournera-t-elle? Sans doute cette maladie insidieuse reviendra trop profondément à la surface qu'elle ne pourra y faire face mais, aujourd'hui, sur le tableau d'affichage, la victoire est pour elle, éclatante, extraordinaire, miraculeuse. Elle a gagné par K.O et les félicitations de tous. Ils lui ont dit qu'elle avait été une patiente modèle, une jeune fille lumineuse. On le savait, on avait tellement confiance en elle que jamais on a vu en ce syndrome la marque de sa déchéance. Oui, on a osé en parler, on a osé dire "ma fille est Tourette" et a donc le DROIT à la différence! Mais, surtout, ils ont accepté, ils ont affirmé, oui, elle est tourette "ET ALORS?", elle n'est pas plus différente que chaque individu. Oui, elle crie, oui, elle parle avec une voix qui se brise, oui, elle a des gestes inopinés, oui elle ne sait pas toujours maîtriser ses mots, sa voix, ses gestes. Et alors? Elle est belle, intelligente, sereine, attentive, altruiste, débordante d'énergie, conciliante, généreuse... Bien sûr, elle est aussi à l'aise avec son corps qu'un aveugle avec les couleurs. Bien sûr, elle est aussi à l'aise en société qu'un poisson sur la terre ferme. Et alors? Faut-il être Casanova pour séduire? Pour être digne d'intérêt?

Non, nous sommes fières de cette jeune fille. Fiers de son courage. Fiers de ce qu'elle est. Fiers de ce qu'elle entreprend.

Jeudi, ce fut la dernière fois que nous l'emmenions vers ce cabinet que beaucoup auraient considéré comme une ennemi mais qu'elle a eu l'intelligence de considérer comme un soutien. Mais, c'est elle qui a combattu, elle seule qui a gagné. La victoire n'est peut-être que temporaire mais elle le sait. Et cette certitude de sa fragilité est une force que personne ne lui enlèvera.

Et je suis tellement fière d'elle. J'espère qu'un jour elle pourra témoigner que l'acceptation de la différence est le pas le plus important pour assumer cette différence. J'espère qu'un jour, elle pourra témoigner que, bien sûr, cela a eu un coût, bien sûr cela a demandé du temps mais que, tous ceux qui l'ont croisée, que tous ceux qui l'ont acceptée, ont appris, grandi grâce à leur tolérance!

Nous n'irons plus dans ce cabinet mais, chaque fois que je passerai devant, je songerai à les remercier.

Il ne me restera, à moi, que la culpabilité de me sentir responsable de ce syndrome, de me sentir responsable de son déclenchement. Egoïstement, j'ai cru qu'on pouvait aimer librement. Egoïstement, j'ai détruit la vie de mes enfants pour un amour qui me semblait trop fort pour poursuivre un mariage qui pourtant fonctionnait. Il me restera la certitude de l'erreur commise. Jamais, non, jamais, je n'aurais dû faire subir cela à mes enfants. Et même si j'ai essayé de leur faire le moins de mal possible, il faut aujourd'hui payer le prix fort de cet amour "démesuré'.

Samedi 8 novembre 2014 à 21:11

Tourner la page. Accepter cette nouvelle épreuve. Accepter l'écher. Oublier les rêves, oublier les espoirs.
Tourner la page, page blanche ou page assombrie par la douleur du partir.
Tourner la page et grandir, se développer, assumer ses erreurs, ses douleurs.
Tourner la page quand on vous demande encore et encore d'être là, d'être forte, d'être souriante.
Tourner la page sans avoir le temps de se retourner.
Tourner la page alors que je continue... de rêver?

Vendredi 7 novembre 2014 à 19:37

Il y eut le duomo, il y eut le Leonard, il y eut les pinacothèques, le quartier de la Brerra, les happy Hour, le lac, les dômes, et il y eut le luxe, le calme, la volupté...
Il y eut cette escapade à l'apparence idyllique mais il y eut surtout cette surtout que le mot fin doit être posé, sans amertume, dégout, simplement parce qu'il n'y a plus rien pour lutter pour éviter cette fin.

Il est là, vaque dans cette maison qui est la mienne et dans laquelle je l'entretiens, verbe terrible mais qui correspond à ce que je ressens.

Je crois qu'il suffisait d'aimer mais l'amour n'est rien face à la dépression et l'éloignement. On peut aimer, croire que l'autre est votre bonheur mais, la réalité vous ramène à cette douloureuse réalité, il faut songer à se quitter. Plus de crises, plus de larmes, plus de heurts, parce que plus rien n'est espéré, plus rien n'est demandé, plus rien n'est attendu. Et ne plus avoir d'espoir est pire que la mort car vivre c'est désirer, enfin, je crois. A moins que, finalement, je ne sais être heureuse.

Lundi 13 octobre 2014 à 21:37

Je l'ai mené jusqu'à ce lieu où il pourrait trouver des réponses, où des gens compétents pourraient l'accueillir, l'aider, lui permettre d'aller mieux. Je l'ai emmené avec la crainte qu'il se sente trahi, abandonné, alors je l'ai attendu, longuement, douloureusement. Je l'ai attendu et malgré la douleur qu'il a vécue, il m'a dit merci. Ce n'est pas le merci qui compte, celui-ci ne m'intéressait pas, c'est l'impression qu'enfin quelqu'un pourra quelque chose pour lui, que quelqu'un prendra le relais de mon incompétence. Il ne voulait pas l'admettre, il ne voulait pas y croire mais il a accepté et aujourd'hui il sourit d'avoir cru que je pouvais lui venir en aide.

je lui donne une main que je n'ai pas le droit de lui tendre, je prends la place de ceux qui voudraient l'aider alors, je tente de disparaître, de l'amener vers eux qui l'aiment même s'il ne le voit pas. Je tente de disparaître et le protège de loin, loin de mon travail, loin de ce qui est de mon devoir.

C'est ainsi, le coeur un peu plus léger que je suis partie avec lui pour un week end risqué dans cette ville où logent ses amis. C'est le coeur léger que je lui ai pris la main dans ces ruelles que le soleil réchauffait. Nous avons arpenté tous ces kilomètres sans vraiment nous parler mais nous étions ensemble et j'étais bien. Mais, les mots ne sont pas sortis, les maux ne sont pas expliqués. Les problèmes demeurent et, retrouvant la solitude de cette maison qu'il a déserté pour quelques jours, je m'interroge sur cette vie qui n'est décidément pas facile à tracer. Comment peut-on concilier deux vies qui ne se ressemblent tellement plus? comment peut-on continuer à s'aimer quand le mal est si près, quand d'autres souffrent de cet amour que nous vivons? Comment s'aimer quand cet amour nous saigne? Les souvenirs édulcorent, embellissent ou rappellent que notre amour est beau?

Les vacances s'annoncent et annoncent le retour de journées avec elles. L'envie de les voir s'épanouir, grandir, s'amuser. Mais la séparation a aussi ce méfait, les finances douloureuses interdisent les excès. Elles rêvent de voyage, de découverte et je leur impose une insupportable sédentarité. Pour n'avoir jamais à changer de maison, elles ne peuvent non plus agrandir leur horizon. ESt-ce qu'on peut accepter de décevoir ainsi un avenir qui aurait dû être tout tracé? Est-ce que je pourrai longtemps accepter les priver parce que j'ai aimé un autre qui lui, ne pouvait vivre cet amour qui nous unissait?

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